Wonder Boy, ce petit garçon à l’esprit chevaleresque, aurait pu être la fameuse mascotte de chez Sega, car sorti avant Sonic. Il se battait déjà pour surpasser le plombier de chez Nintendo. En effet, à l’époque, la Master System, rivale de la Nes, essayait de se faire une place au sommet dans le monde du jeu vidéo. Wonder Boy premier du nom, sorti en 1986, a dégainé son épée et a commencé à batailler ferme contre la clé à molette de Mario.

Dans le monde des Dragons...
Avant d’entamer l’histoire, sachez que le début du jeu correspond à la fin de Wonder Boy in Monster Land (le deuxième volet). Vous incarnez un petit bonhomme aux cheveux verts (les années punk ne sont pas loin) qui commence son aventure dans un sinistre château rempli de monstres. Vous devez affronter le dragon Meka (nommé comme cela dans la notice mais Mecha dans le générique de fin) pour pouvoir sortir d’entre ces murs. Une fois ce boss vaincu, une malédiction est jetée contre vous et vous transforme en homme lézard. Cela nous amène à évoquer le but du jeu qui est de récupérer la Croix de la Salamandre, cet objet vous permettant de reprendre une forme humaine. Vous devrez alors traverser des déserts, sauter au dessus de la lave, parcourir la jungle tout en évitant de vous faire tuer ! Exterminez les boss du jeu et retrouvez le dragon Vampire, celui qui a caché la raison de votre périple, pour retrouver vos traits originels.
Une fois sorti du château, celui-ci s’effondre, et vous vous retrouvez dans un petit village. Cet endroit sera désormais le point de départ de chacune de vos aventures. Vous y découvrez quelques maisons et une église. Dans cette dernière, vous pouvez noter un mot de passe qui vous servira à reprendre le jeu là ou vous vous êtes arrêtés. Vous récupèrerez votre or, vos armes et armures à la prochaine partie si vous choisissez « continue » après l’écran titre. Cependant vous ne retrouverez pas vos objets magiques ni vos potions de vie.
La maison avec une petite fenêtre sur la porte est en fait un magasin. Ils sont en général caractérisés par cette petite fenêtre. Vous y trouverez des armes et des armures, et parfois des points d’interrogation. Ces derniers ne peuvent être achetés. Pour savoir ce qu’ils cachent et pouvoir les acheter, vous devez récupérer des pierres de charme (charm stones). Plus vous en possèderez, plus vous débloquerez de nouvelles armes et armures.
La maison au fond du village est un hôpital. Vous pourrez, si vous avez assez d’or, récupérer vos cœurs. Tiens ! En parlant de cœur, vous ne remarquez pas quelque chose ? Vous démarrez le jeu avec un capital d’une douzaine de cœurs qui se réduit à un seul une fois sorti du château. Heureusement, vous pouvez en récupérer plusieurs au cours du jeu (certains ne sont pas évident à trouver), ainsi que bien d’autres objets.
Potions et maléfices :
Vous pouvez accumuler des armes, des armures, des boucliers ainsi que de nombreux objets dans votre inventaire. Vous y stockez des sorts tels que des tornades, éclairs, boules de feu, flèches et boomerang ramassés après la mort de vos ennemis, items généralement très peu utilisés. Vous pouvez ne porter qu’une seule clé sur vous, celle-ci vous autorisant à ouvrir une porte dont la serrure est rouge. Vous pouvez acquérir également des potions de vie. Ces petites fioles agissent sur vous lorsque vous perdez tous vos cœurs, et vous « ressuscitent » sans pour autant tous vous les redonner. Ces derniers objets sont très précieux. La difficulté étant croissante, vous en aurez bien besoin vers la fin du jeu.
Dragonite aigue :
Tous les boss que vous rencontrez sont des dragons. Ben oui, vous n’êtes pas dans le Piège du Dragon pour rien. Le premier, vous le connaissez déjà car présenté au début du test. S’ensuit une série de 5 boss : Mummy Dragon (dragon momie) qui se cache dans une sinistre pyramide et vous transforme en souris une fois vaincu, Dragon Zombie qui vit dans la jungle et vous transforme en piranha, Captain Dragon (dragon pirate) qui effraie les ‘tits poissons au fond de la mer et vous métamorphose en lion, Daimyo Dragon (dragon samurai) qui vit au fond d’un temple japonais et vous transforme en faucon, et pour finir, Vampire Dragon qui retient la croix de la Salamandre et vous permet de reprendre une forme humaine une fois terrassé. Ya du boulot !

Animagus ?
Au cours du jeu, votre perso subit diverses transformations lorsqu’il abat les différents boss. Mis à part l’homme lézard, notre garçon extraordinaire se métamorphose en 4 autres animaux. Son enveloppe corporelle passe ainsi du lézard au faucon :
Homme lézard : ce personnage s’apparente à un dragon miniature. Sa capacité à cracher du feu vous permet d’éliminer vos ennemis à distance... courte cela dit. Vous pouvez également vous baisser pour tirer dans les monstres plus petits. Le point noir, c’est que vous perdez votre bouclier qui est très pratique pour contrer les flèches ou autres jets de flammes de vos ennemis. Graphiquement, je trouve ce perso simple mais beau et attachant (hum... cela n’a rien d’étonnant, je suis une personne qui adore les dragons). La façon dont il se baisse est originale et féline.
Homme souris : lui a le privilège d’être petit. Et oui, c’est un privilège car seul ce perso peut parvenir à se faufiler dans des endroits confinés. Et encore plus impressionnant, il peut marcher sur n’importe quelles faces d’un bloc en damier. Il a en effet la capacité incroyable de marcher la tête en bas ! Pour lui permettre cela, appuyer sur la croix directionnelle dans la direction où vous voulez aller, et amusez-vous à escalader les murs. Vous découvrirez de nouveaux passages encore insoupçonnés. De plus, grâce à cette métamorphose, vous pouvez désormais vous munir d’un bouclier. Graphiquement ce perso est mignon avec ses oreilles de Mickey, mais beaucoup moins charismatique que l’homme lézard.
Homme piranha : sa capacité principale est de se déplacer aisément sous l’eau. Quoi de plus normal pour un homme amphibie ? Grâce au bouton 2 de votre manette, vous pouvez le faire nager et découvrir de nouveaux passages alors inaccessibles avec les persos précédents. Il est, comme l’homme souris, armé d’un bouclier et d’une épée. Graphiquement,... il est vert. Il a une tête un peu spéciale mais c’est ce qui fait son originalité.
Homme lion : c’est un costaud ! Son point fort est de frapper de haut en bas avec son épée. Si avec cette capacité vous n’arrivez pas à bout de vos ennemis, ce n’est pas normal. Elle vous permet aussi, en vous équipant de la bonne épée, de briser les blocs de teinte unie qui sont placés à vos pieds ! Vous pourrez alors découvrir de nouveaux passages. Maintenant, pourquoi un lion ?... Ca, je ne peux l’expliquer. Peut être parce qu’il est fort et que le lion suggère le pouvoir et la détermination... Mais tout comme les chats, ce gentil félin n’aime pas l’eau. Graphiquement, il est sympa, un peu plus massif que les autres métamorphoses. C’est un lion anthropomorphe qui porte un bouclier et une épée... ce n’est pas courant, avouez-le.
Homme faucon : ceci est votre dernière transformation, et certainement la plus pratique. En effet, c’est un perso intéressant pour la suite du jeu. Sa capacité première étant de voler, cela vous permettra de visiter des zones inaccessibles situées dans le ciel par exemple, et d’éviter les monstres (en leur faisant un pied de nez) lorsque vous revisiterez une zone. Son défaut, tout comme l’homme lion, c’est de ne pas pouvoir supporter l’eau. Evitez au maximum de piquer une tête car vous risqueriez de perdre la vie. Graphiquement, c’est un joli personnage, dont l’animation est très fluide quand il vole ou quand il sautille. Le battement des ailes est très bien pensé.
Un univers fantastique !
Le gameplay est très agréable dans ce jeu. La manette ne possède que 2 boutons en plus de la croix directionnelle et vous pouvez quand même effectuer de nombreuses actions. Le bouton 1 permet de tirer des flammes lorsque vous êtes en homme lézard ou donner des coups d’épée. Il permet aussi d’annuler une action dans l’inventaire. Le bouton 2 permet de sauter, de nager et de voler, mais également de sélectionner un objet dans l’inventaire. L’inventaire quant à lui s’active lorsque vous appuyez sur le bouton « pause » de la console. Pour ouvrir une porte, il suffit d’appuyer sur le haut de la croix directionnelle, et pour utiliser les sorts présents dans votre inventaire, il suffit d’appuyer sur bas et le bouton 2.
L’animation des personnages est très fluide et les graphismes sont vraiment beaux pour l’époque, surtout pour une console 8-bits. Les décors sont diversifiés et colorés. On se balade dans un monde plutôt médiéval au début puis on passe dans le désert égyptien, les temples japonais etc. Personnellement, je trouve que les graphismes d’un mario sur Nes, aussi bon soit-il, n’égalent pas ceux de Wonder Boy III. Ce jeu garde le principe du jeu de plateforme tout en ayant un petit côté RPG car vous faites évoluer votre personnage. Vos aptitudes telles que la puissance d’attaque (AP), les points de défense (DP) et les points de charme (CP) augmentent au cours du jeu lorsque vous changez de perso (l’homme piranha est plus fort que l’homme lézard par exemple), mais aussi lorsque vous changez d’arme ou d’armure. Certaines armes ont d’ailleurs d’étranges pouvoirs, comme celui de détruire ou de faire apparaître des blocs ! Totalement indispensable pour terminer le jeu.
Sachez aussi que ce jeu ne se découpe pas en niveaux. Vous jouez dans un monde à part entière. Vous démarrez chaque aventure dans le petit village et vous débloquez des passages au cours du jeu (le désert, la jungle, et même des endroits situés dans le ciel). Le bestiaire est également très varié. On y croise de nombreux monstres à travers ces différents lieux. On passe du serpent aux fleurs de tournesol jetant des boules de feu. C’est surprenant d’en voir autant sur une cartouche 8-bits. En effet, pour pouvoir libérer assez de place sur la cartouche, les monstres ont été déclinés en plusieurs couleurs selon leur niveau de difficulté. Le rouge démontre que le monstre a un niveau assez simple à battre, tandis que le bleu indique qu’il faut persévérer pour vaincre l’ennemi (il faut lui donner au moins 3 coups). Les programmeurs ont permis, grâce à ce système, de créer un jeu dont la difficulté n’est pas à plaindre. Il faut se battre pour réussir !
Concerto en Do majeur :
Shinichi Sakamoto, le compositeur des musiques et des bruitages du jeu, est un exemple pour ses compatriotes. On a tendance à chantonner les airs du jeu après y avoir joué, ce qui est plutôt bon signe. Les sons illustrant les coups d’épée ou les jets de flammes sont vraiment très originaux ! On ne s’en lasse pas, c’est vraiment très bien « travaillé » pour une console 8-bits.





















