Le Guide du Routard – Edition 2006 : Banlieue Chaude
Vous êtes Nick, agent de choc d’un organisme de maintien de l’ordre poétiquement nommé ‘‘Tolerance Zero’’. Votre boulot est simple : Enrayer la violence propagée en ville par un gang violent et sadique (tous affublés de très seyants masques de hockey). Et comme le mal ne se combat que par le mal, vous allez faire cracher la poudre, avec mention spéciale ‘‘balle entre les deux yeux’’. Et le jeu a beau être d’une laideur sans nom, il reste non moins cohérent et immersif. Car là où les textures sont fades et les modélisations à pleurer, les effets visuels (chaleur, particules, etc.) et le moteur physique assurent le spectacle. Et que dire du son,lui qui est si réussi dans ce soft, lui qui va vous aider à devenir Nick, lui qui va vous apprendre le sens réel du mot ‘‘Impact’’, et bien il est tout simplement parfait, vous immergeant tout droit au cœur de l’action, vrillant vos tympans et martyrisant vos sens. Si si, tout ça. Les balles fusent, les explosions tonnent et, surtout, les insultes pleuvent, à un point tel que le soft écope d’une interdiction aux moins de 18 ans.
La théorie du Chaos
‘‘Une balle dans la tête à New-York provoque une tornade à Tokyo’’. C’est un peu ça l’esprit d’Urban Chaos, mais pas seulement. Vous commencez la partie en pleine scène de guérilla, à dézinguer du malfrat à la chaîne, comme dans tout FPS classique. Et au bout de quelques minutes, vous commencez à vous familiariser avec vos armes, votre lampe torche et toute une maniabilité bien pensée quand un pompier vient vous demander de l’aide. Et c’est là que les vraies affaires commencent. En à peine vingt minutes, vous aurez eu le temps d’abattre 47 adversaires, sauver quatre personnes d’un bâtiment en flammes, gérer deux prises d’otage, et rapatrier un blessé vers une ambulance. Autant dire que ça fait des journées bien chargées, Bruce Willis-style. Et c’est au cours de c’est vingt minutes que l’on vous présentera le vrai meilleur ami de l’Homme (ainsi que l’une des meilleures idées de game-design de tous les temps) : le bouclier anti-émeutes. Une simple pression sur L1 vous permettra de vous protéger de toutes les attaques venant de face, ainsi que d’emplâtrer le guignol qui aurait la mauvaise idée de s’approcher un peu trop de vous (à noter qu’à l’abri, on peut aussi utiliser toutes ses armes de jet type cocktail Molotov ou couperet). Mais ce fidèle compagnon offre une couverture à double tranchant. Au fur et à mesure qu’il vous protège d’éventuels coups et blessures, le bouclier se voit réduire sa visibilité, tout ébréché et taché de sang qu’il est. L’utiliser à long terme équivaudra donc à sacrifier une bonne partie de son champ d’action visuel (et de jeter vos grenades à l’aveuglette, accessoirement). Les différentes ‘‘missions’’ qui s’enchaînent offrent autant de petites trouvailles de gameplay, à un point tel que votre première prise d’otage risque de rester gravée un petit bout de temps dans votre mémoire de gameuse.
Décorateur d’extérieur
Impossible de ne pas vous parler de la violence et de l’éthique douteuse du soft. L’excellente chanson jouée pendant les menus ne doit pas vous faire oublier l’omniprésence du drapeau américain dans ces derniers, appelant à un patriotisme pas forcément bien venu. De plus, la violence du jeu est clairement exacerbée, tant sur le point de vue visuel (les têtes explosent, les cadavres flambent) et sonore (les bruitages percutants comme le vocabulaire particulièrement fleuri) que sur l’écho qu’il se fait de notre réalité (à peu de chose près, il pourrait s’appeler ‘‘Journal Télévisé : The Game’’). Et, bizarrement, tout passe, un peu comme quand Coluche faisait des sketches ultra limites. Pourquoi donc, me demanderez-vous ? Parce qu’on s’y A-MUSE ? Le jeu est incroyablement bien rythmé, fun, , rapide à prendre en main, et le doublage français aide à tout faire passer pour du second degré. Et, cerise sur le gâteau, la durée de vie est plutôt longue, avec toujours une bonne raison de refaire des niveaux déjà parcourus afin de débloquer armes, améliorations, ou encore niveaux supplémentaires. Vous êtes majeure, vaccinée, et l’exercice périlleux d’un FPS rageur et enlevé ne effraye pas ? Urban Chaos – Riot Response est fait pour vous.








