Sorti depuis plus d’un an chez nos voisins américains, Tales of Legendia demeure, comme une grande partie des autres "Tales of", un grand absent du continent européen.

C’est après avoir été submergée par Tales of Symphonia sorti sur GameCube, que je décidais de me procurer Tales of Legendia en import. Après une superbe cinématique d’intro en dessin animé, le jeu commence.
Senel et Shirley sont sur un navire au milieu de la mer. L’attaque d’un animal marin les fait échouer sur une île. Une immense colonne de lumière sort de l’île pour traverser les cieux... Will vient à votre rencontre, et vous apprenez que vous n’êtes pas sur une île, mais un bateau géant et très ancien, appelé la Legacy. Ce navire gigantesque possédant un lac, des montagnes et même des villes, n’a plus de capitaine, et vogue au gré des courants. Shirley se fait enlever par un homme ailé.
C’est sur cette trame relativement classique, que débute votre quête : retrouver votre soeur Shirley. Pour cela vous serez aidé par plusieurs personnages : Will, le sheriff de la capitale Werites Beacon, Chloe, la chevalière de la Maison des Valens, Norma, une chasseuse de trésors, et Moses, le chef des brigands. Par la suite, d’autres personnages viendront compléter votre équipe.
Graphismes
Le jeu commençant à dater un peu, les graphismes pourront sembler vieillots pour certains. Toutefois les environnements sont superbement colorés et détaillés, ce qui n’est pas le cas des personnages représentés en SD, qui manquent un peu de détails par rapport à leur modèle réaliste que l’on peut voir dans les nombreux interludes. La Legacy est un bateau géant recouvert de terre, mais par endroit on voit la structure du bateau. Cela ajoute son petit charme de voir sortir des rouages et autres structures rouillées du sol. La carte du monde est par contre assez pauvre, on se croirait dans un jeu sur PSOne.

Cheminement
Comme dans tout "Tales of", le jeu suit un chemin très linéaire, alternant visite de villes et exploration de donjons. Le jeu se divise en deux parties, la première c’est la quête principale, et une fois le jeu terminé, on peut accéder aux quêtes des personnages. La quête principale se divise elle même en deux parties : une première partie où il faut retrouver et sauver Shirley tout en repoussant les forces armées de Vaclav, l’ennemi principal, et la seconde qui apporteront les réponses sur d’où vient la Legacy, dans quel but, pourquoi les Ferines et les Orerines se vouent une telle haine... cette seconde partie est bien plus intéressante que la première qui est trop prévisible sans aucun rebondissement.

Les quêtes personnages vous en apprendront beaucoup sur les héros, malheureusement ces quêtes se résument à refaire les donjons passés et seulement quelques rares nouveaux décors feront leur apparition. La quête principale se termine en une quinzaine d’heures pour chaque partie, et une quizaine d’heures pour les quêtes des personnages ce qui en fait un jeu avec une durée de vie appréciable de 40 - 50 heures.

Système de combat
Comme dans les "Tales of", ici on se bat en temps réel. Vous dirigez le personnage de votre choix, les actions restent relativement simplistes : croix pour les attaques normales, rond pour les attaques avec les Eres, carré pour se protéger, triangle pour ouvrir le menu et donner des ordres aux autres personnages de l’équipe.

Les Eres sont des sortes de cristaux, qui permettent au personnage d’apprendre des attaques ou des sorts. Ces Eres sont débloqués au fur et à mesure du level up et vous demanderont soit de les utiliser 50 fois pour les Eres d’attaque, soit d’avoir en votre possession un certain nombre d’Eres ennemis pour les Eres de magie pour en libérer toute la puissance. Une fois la puissance libérée, de nouveaux Eres peuvent être appris.

Une jauge est commune à tout le monde : la jauge Climax. Elle se remplit au nombre de dommages sur les ennemis, et une fois pleine, elle permet de stopper le temps, jusqu’à qu’elle soit vide. Cela permet aux personnages de multiplier les combos sur l’ennemi et de finir par un combo à 4. Malheureusement, c’est la seule fois où vos quatre personnages feront ensemble quelque chose.

Intérêt ?
Ce "Tales of" a été cassé par la critique, car trop éloigné des chefs-d’oeuvre que sont ses prédecesseurs (et maintenant, sucesseurs). Le système de combat est plus pauvre que les autres, les graphismes tout en 3D auraient pû être mieux, la création des aliments est limité (on trouve Mimi Baker, la chef, pour avoir les recettes, on achète les ingrédients, on fabrique à la boulangerie). Mais, le jeu ramène quand même des éléments positifs. Les musiques sont réellement somptueuses. Certains diront même que c’est du gâchis d’avoir donné à ce jeu une telle bande son ! Les personnages, quoique classiques, sont tous intéressants et l’on finit par s’attacher à eux. Les dialogues sont nombreux et entièrement doublés en anglais, ils sont convaincants et les doubleurs ont pris plaisir à faire ce travail, cela s’entend. On regrette juste l’absence des voix dans les quêtes des personnages. Si Tales of Legendia est ultra linéaire et ne propose que peu de rebondissements, on prend quand même plaisir à suivre l’aventure. Le jeu est facile, on n’est jamais coincé, et permet d’avancer relativement rapidement. Les personnages sont attachants, les musiques belles, dans l’ensemble même si ce jeu est en dessous des autres "Tales of", il est au dessus du RPG moyen.

Tales of Legendia ne fera pas l’unanimité mais il reste un bon encas à se mettre sous la dent quand vous n’avez plus rien à jouer.







