
Vingt ans plus tôt...
La mode en ce moment est aux compilations de jeux « rétro ». Après Sega avec ses diverses sélections de Sonic et son « Sega Classic Collection », ou encore après Namco et ses très nombreuses versions de « Namco Museum », nous voilà face à un nouvel amas de jeux des années 80. Ces éditeurs veulent-ils nous extirper une petite larme ? Pas évident... On retrouve effectivement certains hits mais aussi de lamentables épisodes.
Lorsque vous arrivez au menu, vous pouvez choisir le jeu qui vous intéresse ou changer les options en sélectionnant l’icône « Taito Legends ». En optant pour un jeu, vous découvrirez qu’il est possible de changer la difficulté dans ses options et lire l’histoire dans sa description. Vous pouvez également visionner les meilleurs scores enregistrés, comme sur nos anciennes bornes d’arcades. D’ailleurs, à ce sujet, il est amusant de remarquer que pour jouer, il faut simuler le « insert coin » en appuyant sur la touche « select » de la manette. Enfin, vous y trouverez des astuces et autres bonus pour chaque jeu.

Qui retient vraiment notre attention ?
Il n’y a aucun doute concernant Bubble Bobble. On peut le qualifier d’inoubliable, c’est bien là le digne représentant de la firme Taito. On l’a connu sur borne d’arcade mais aussi sur la Nes ou la Master System. Ce petit jeu de plateforme nous fait diriger un petit dragon vert ayant le pouvoir de cracher des bulles dans lesquelles il peut enfermer ses ennemis. Un système de jeu simple et amusant, une musique vraiment sympa bien que très répétitive, une durée de vie conséquente et une difficulté croissante font de Bubble Bobble une vraie vedette. On regrette cependant l’absence de sauvegarde. Perdez toutes vos vies et vous êtes obligé de reprendre au début. A noter que certains jeux de la compil’ ont des « continu » à l’infini alors que leur difficulté n’est pas insurmontable. Bubble Bobble contient 100 tableaux dont certains apparaîssent quasiment impossibles à traverser. On retrouvait déjà cette difficulté à l’époque mais une petite amélioration aurait été la bienvenue. Heureusement, un deuxième joueur peut participer sous l’apparence d’un petit dragon bleu, et aider notre compagnon couleur jade. Dans le top 4, on retrouve aussi la suite de Bubble Bobble : Rainbow Islands, une suite qui se veut différente de son prédécesseur. Le petit dragon devient un petit garçon joufflu et n’attaque plus avec des bulles mais à l’aide d’arc-en-ciel dans un univers très coloré. Un petit jeu frais pour les petits comme les grands.
Face au géant Bubble, on n’est pas en reste ! Mon regard se tourne alors vers The New Zealand Story et les aventures d’un petit Kiwi (mais non... pas le fruit ! l’oiseau !). Ce sympathique jeu de plateforme nous fait diriger ce petit volatile originaire de... Nouvelle-Zélande, exactement ! Comme tous les kiwis, notre héros ne sait pas voler... Mais il vient à bout de ce problème en se procurant des appareils le lui permettant. Vous vous baladez alors dans un univers acidulé dans le but de retrouver tous vos amis kiwis kidnappés par un abominable lion de mer ! L’idée paraît loufoque mais n’abaisse pas le niveau du jeu. On apprécie les différents panels de mouvement sachant que notre kiwi saute, nage, se défend à l’aide de différentes armes, et donc vole par divers moyens. Avec cette recette, la mayonnaise prend bien. On a droit à un excellent jeu de plateforme.
Pour terminer cette série, je cite volontiers le puzzle-game Tube-It. Avec son objectif « à la Tétris », ce petit jeu nous fait de l’œil. Le but est de détruire des tuyaux en les faisant pivoter pour créer un chemin. Une fois ce dernier construit, les tubes disparaîssent. Bien entendu ces tubes tombent du haut de l’écran, mais de façon latérale : toujours de gauche à droite. A vous de les faire glisser là où ça vous aidera. Le système est accrocheur et accompagné d’une ambiance sonore agréable.

Les sympathiques
Là, on pense tous à Space Invaders, un titre phare dans cette compil’. Le concept est très accrocheur et on le remarque maintenant grâce aux nombreux dérivés de ce jeu (c’est comme le casse-brique Arkanoid ou Pong que l’on retrouve un peu partout). Ce doit être le jeu d’arcade le plus connu, tout comme le petit extraterrestre pixellisé que l’on retrouve lors des chargement de la compilation. Le but est de détruire des lignes d’aliens descendant vers votre vaisseau en bas de l’écran. Ca donne envie de se lancer dans le défi du meilleur score. Le souci c’est que sur 29 jeux, on croise trois titres à la « space invaders »... Space Invaders, Space Invaders Part 2 et Return of the Space Invaders. La recette ne change pas, je ne vois donc pas l’intérêt de se retrouver avec trois jeux identiques.
On découvre de nombreux genres sur cette compil’ et parfois plusieurs identiques. Seulement, elle ne possède qu’un seul jeu de course automobile. Continental Circus pourraît ressortir du lot si seulement il n’avait pas cette jouabilité déplorable. Il est sympa, on se prend à vouloir battre ses propres records mais cela n’est possible que grâce au système de « continu » infini. Effectivement, une fois dans le jeu, on comprend vite qu’il n’est pas possible de se manger une autre voiture sans finir sa course dans le décor. Hop ! Deux coups et c’est terminé. Pas super agréable, mais il mérite quand même un meilleur sort que la majorité des autres jeux.
Je parlais du casse-brique précédemment. Plump Pop est, à l’instar d’Arkanoid, un jeu où le but est de détruire des objets situés dans la partie supérieure de l’écran grâce à un projectile que l’on fait rebondir sur une surface rectangulaire. Ici, le projectile c’est un bébé animal (chien, chat ou cochon), la surface ; un trampoline, et les objets à détruire ; des ballons ou encore des soucoupes volantes. Les décors sont fruités comme un Bubble ou un Rainbow Island et la musique bien entraînante.
Thunder Fox alterne entre les phases de beat’em all et de shoot. La jouabilité est correcte et les décors assez soignés. Verdict : plaisant à jouer. En parlant de shoot, Tokio s’en tire bien. On dirige un biplan à travers la capitale niponne dans le but de détruire l’aviation ennemie. Il est possible de récupérer des alliés et de former tout un escadron pour augmenter sa puissance. Mais le meilleur shoot dans cette compilation est bel et bien Exzisus. Il est beau, fluide et bien difficile. On dirige un personnage qui peut se transformer en vaisseau grâce à des bonus, et qui lui donne une protection en cas de choc. Un petit plaisir.

Les médiocres
Volfied, avec son scénario mille fois vu et revu nous fait part d’un gameplay plutôt curieux. On dirige une sorte de vaisseau, et en appuyant sur une direction en même temps que la touche X, celui-ci réduit le périmètre de l’écran en le découpant à la façon d’une plaque de métal. Des blocs gris sont visibles et il est intéressant de détacher un morceau de plaque les encadrant pour gagner des bonus tels qu’un lance-missiles ou figer le temps quelques secondes. Si vous vous faites toucher par une des bestioles lorsque vous réduisez le périmètre, vous perdez une vie. Idem lorsque les monstres touchent votre découpe avant que celle-ci ne soit achevée. A savoir que vous êtes protégé sur votre périmètre ! Il faut diminuer l’espace de la planète au minimum de 80% pour accéder au niveau supérieur. On accroche un moment mais on s’en lasse très vite, c’est ce qui me fait classer ce jeu dans cette catégorie. Je ne m’attarde pas sur Super Qix qui est quasoment identique.
Battle Shark, une sorte de shoot vertical (qui joue plus sur la profondeur), nous plonge au cœur de la troisième guerre mondiale. Vous devez éliminer tous vos ennemis à bord de votre sous-marin. Agréable sauf les décors parfois trop chargés. On lui préfère Exzisus en tant que shoot horizontal. Tout comme Battle Shark, Operation Thunderbolt s’apparente à un jeu de shoot où il faut abattre ses ennemis : infanterie et hélicoptères, récupérer des otages sans les tuer, briser des caisses en bois pour gagner des bonus... Gros défaut à noter : la cible se trouve au centre de l’écran et lorsqu’on la bouge et la relache, elle revient à sa position initiale. Une horreur ! Il faut un flingue pour y jouer sinon ça n’a aucun intérêt. Ma réflexion est similaire pour Operation Wolf, jeu totalement identique. Space Gun, fait apparaître quant à lui, un décor plus futuriste. Le but est le même à la nuance près qu’il faut abattre de vilains aliens. On retrouve encore le même souci concernant la cible... Le gun manque terriblement.
Dans sa jouabilité, Ninja Kids ressemble au célèbre Streets of Rage mais il se trouve dévalorisé à cause d’un style graphique totalement ridicule. Désolée mais là on n’accroche pas, même si de l’avis d’un œil moins accusateur, il pourrait être amusant. Dommage car il fait vaguement penser à Naruto (et surtout à Rock Lee lorsqu’on regarde les différents personnages proposés au début).
Côté puzzle game, on fait la tête à Plotting... Il faut lancer des blocs sur d’autres blocs identiques. Si on rate un mouvement, on a une chance de recommencer, et ce jusqu’à quatre fois. Ensuite c’est le fatal Game Over qui apparaît. Le gros souci c’est la compréhension de ce jeu. Il n’est pas évident au début, et au final on s’en lasse rapidement.

Dans le même style que Thunder Fox, Rastan propose un style de jeu à la beat’em all diablement difficile. Les ennemis sont nombreux et votre barre de vie diminue dangereusement à chaque coup ou contact. La jouabilité reste correcte sinon, mais un niveau trop difficile pourrait couper l’envie de jouer.
Zoo Keeper, connu désormais de tous les possesseurs de Nintendo DS, n’a que peu d’intérêt. Il est sûrement plus sympathique sur un support comme le Game&Watch mais pas ici. Les graphismes sont médiocres et accompagnés de bruitages démesurément irritant pour nos tympans.
A oublier !
Franchement... Il ne sert à rien de s’attarder sur ces jeux qui n’ont de « jeu » que le nom. Jungle Hunt fait parti de cette série aux couleurs laides, à l’intérêt limité et aux bruitages désagréables. Idem pour Elevator Action qui nous propulse dans un immeuble aux tons fades où le but est de tuer un maximum d’agents ennemis. Dans un style totalement différent, Electric Yo-Yo nous brise les tympans avec ses sons grinçants. Ici on dirige un yoyo parmi de petits blocs où se baladent 2-3 monstres. Le but est de faire disparaître ces blocs tout en évitant les ennemis. Vraiment pas transcendant... L’intérêt aurait pu être accrocheur mais il n’en est rien. Dans le genre « casse pas des briques », je vous présente Colony 7. On pourrait le pardonner vu sa date de sortie (1981) mais quand on sait que Space Invaders est sorti en 1978, on le refuse. Le jeu, encore basé sur une invasion d’extraterrestres, a une jouabilité exécrable et un intérêt quasi inexistant. Great Swordman s’enfonce pas mal au niveau de la qualité graphique et du gameplay. L’idée est de combattre un adversaire à l’épée (escrime ou combat de gladiateur entre autre) et de se protéger des attaques de ce dernier en les parant. Concept intéressant mais la réalisation lamentable fait de ce jeu une belle daube. Gladiator n’est pas mal dans le même genre... Phœnix est le shoot’em up à éviter de la compilation. Les ennemis sont trop imprévisibles, les bruitages mauvais et la jouabilité médiocre.


















