
Aventure moyenâgeuse
Ashley, la fille du président des Etats-Unis a été kidnappée par une congrégation douteuse, dont on ne connaît pas vraiment l’existence. La dernière fois que quelqu’un l’a apperçue, c’était en Europe, en Espagne pour être précis. Léon S. Kennedy, un survivant du terrible drame de Racoon City survenu il y a six ans, a été mandaté par le président pour récupérer Ashley. Il se voit alors accompagné par deux policiers un peu farfelus jusqu’à l’entrée d’un étrange village... Vous commencez à diriger Léon à partir de cet endroit un peu glauque... Hors du temps... Vous vous sentirez vite plonger dans une ambiance malsaine et un microcosme complètement anachronique.

Petit récapitulatif : Léon est l’un des deux personnages qu’on peut diriger dans Resident Evil 2. C’est un ancien membre des S.T.A.R.S. (Special Tactics And Rescue Squad), un groupe d’intervention spécial de la police de Raccoon City qui faisait face à une dangereuse augmentation du taux de criminalité. C’était d’ailleurs sa première journée au sein de cette organisation lorsqu’il fit face à une horde de monstres et de zombies.
Un nouveau printemps
Le quatrième opus de cette série mythique s’est fait légèrement lifter et apparaît désormais comme un nouveau-né. En effet, les précédents opus fonctionnaient tous de la même manière. Des caméras fixes qui ciblaient le personnage et qui changaient de vue en fonction de l’endroit où se trouvait le héros. C’est maintenant oublié. Cet épisode nous fait redécouvrir la série et de nouvelles sensations. Vous pouvez voir tout l’univers dans lequel vous évoluez grâce à la caméra fixée dans votre dos, et cibler vos ennemis à l’aide d’une visée laser placée sur vos armes. Bien sûr ce coup de jeune n’arrive pas sans des graphismes éblouissants et un gameplay remarquable. Vous avez à votre disposition un vrai hit qu’il ne faudrait surtout pas louper. Vous retrouverez tout de même les célèbres machines à écrire pour sauvegarder votre progression mais sans les rubans encreurs ! Ce qui n’est pas plus mal. Et méfiez-vous, car tous les points de sauvegarde ne sont pas sûrs...

Juste une question de survie
Vous voilà jeté dans une sorte de jungle où votre but sera de vous démêler d’affreuses lianes qui auront tendance à retenir votre cheville et empêcher votre progression. L’image peut paraître exotique, remarquez, on n’en est pas loin. Vous passerez des vacances sous le soleil torride d’Espagne, en compagnie de danseuses de flamenco, sirotant une bonne cerbeza bien fraîche. Vous ne me croyez pas ? Okay... En réalité, vous croiserez durant votre voyage des villageois belliqueux qui n’auront qu’une envie lorsqu’ils vous verront : vous tuer. Ah, la vie n’est pas facile. Non, plus de zombies mais c’est quasiment du pareil au même. Comme les villageois ont un méchant microbe dans leur corps, ils ne se contrôlent plus vraiment. Le souci c’est qu’ils sont souvent armés de fourches, de haches, de faux... de tronçonneuses... et tout autre ustensile qu’on peut se mettre sous la main dans une ferme. Ces paysans ne seront, bien sûr, pas les seuls à vouloir votre tête. Ce n’est pas qu’une simple expression, il se peut que votre tête se mette réellement à voler. Vous croiserez donc des créatures issues des films de science-fiction et d’autres personnages étranges, mis à part ces campagnards rustiques qui, au final, passeront pour de gentils agneaux à vos yeux. C’est... une blague. Parfois, vous aurez bien du mal à exterminer cette bande d’illuminés. Il suffit de s’armer de patience et on est récompensé.

Fontaine de sang
Armé de votre pistolet, vous avancez doucement entre les maisons. Un cri, plusieurs même. Vous voilà bientôt encerclé, vous vous mettez donc à courir dans un endroit dégagé pour pouvoir faire le ménage. Vous vous retournez subitement et pointez votre 9mm vers cette bande d’acharnés. Un joli laser vous indique par un gros point rouge vif l’endroit que vous ciblez et qui peut être abattu ou détruit : un ennemi, une vitre, une caisse en bois... C’est le moment de tirer dans la tête !

Voilà une situation très probable. Vous apprendrez vite à utiliser la nouvelle vue 3D dans ce Resident Evil pour vous mouvoir dans les différents lieux et pour éviter vos ennemis. Vous pouvez marcher ou courir mais vous ne pouvez tirer qu’à l’arrêt. Vous pourrez également réagir de différentes façons lorsque que l’indicateur d’action apparaîtra au bas de l’écran. Il pourra signaler un objet à récupérer ou l’action de grimper à une échelle, etc. Parfois cet indicateur s’avèrera vital car les touches mentionnées pourront vous permettre, si vous appuyez dessus à temps, d’éviter le coup d’un monstre ou d’un adversaire. Vous pourrez aussi être amené à tapoter la touche A à toute vitesse pour actionner une manivelle ou pour courir devant un énorme rocher dévalant une pente derrière vous. Ces premières actions vous surprendront au début mais par la suite vous devinerez plus facilement où vous pourriez les rencontrer. La maniabilité se fait intuitive petit à petit, même rapidement car l’action vous oblige à réagir vite et de façon efficace.

Ce qu’il ne faudrait pas oublier, c’est de parler d’Ashley. Une fois que vous l’aurez arrachée des griffes d’affreux missionnaires, vous la trimbalerez derrière vous. C’est une sorte de boulet à traîner mais ça donne surtout du piment dans la partie. Car si elle meurt, vous échouerez la mission. Il faut penser à la soigner quand il le faut, et la cacher dans des caissons lors de passages difficiles, et quand on vous le permet... Elle peut se faire embarquer par des lazaristes fielleux et le seul moyen de la récupérer est de tirer dans les pattes des kidnappeurs. Faites attention ! Vous pouvez la tuer. En général, dans ces situations, on effectue un bon coup de sniper dans la tête et on n’en parle plus.

Arsenal et inventaire
Grâce à un curieux marchand sorti de nulle part, vous pourrez faire vos emplettes au cours du jeu, souvent près des points de sauvegarde. Il est repérable grâce à de puissantes flammes bleutées qui brillent à ses côtés. Autant vous dire qu’on est content de les voir. Vous démarrez le jeu avec un petit inventaire (une malette) dans lequel vous pouvez amasser un nombre limité d’objets. Ceux-ci prennent de une à plusieurs cases. A vous de bien savoir vous organiser pour récupérer un maximum de place. Par exemple, le 9mm de base vous prendra six cases, un spray de soin deux cases, etc. Cest avec lui que vous pourrez acheter de nouvelles armes telles que le fusil à pompe ou le TMP (une sorte de uzi). Par contre, tout cela a un prix ! Lorsque vous tuerez des ennemis, il se peut qu’ils laissent un objet à la place de leur corps. Ca peut être des munitions, qui, je le signale, ne peuvent être achetées, ou des Pesetas (la monnaie locale bien évidemment). Cela vous servira donc à acheter ce dont vous avez besoin. Vous avez aussi la possibilité d’optimiser les armes présentes dans votre inventaire. Vous pouvez améliorer, contre quelques pièces sonnantes et trébuchantes, la puissance, la contenance ou le temps de recharge d’une arme. Vous avez la possiblité de les optimiser complêtement si le cœur vous en dit. A ce moment là, vous aurez droit à un petit bonus.

Toujours concernant l’inventaire, comprenez donc qu’il s’agit en fait d’une malette. Vous pourrez acheter des malettes de taille supérieure au cours du jeu lorsque le marchand vous en proposera. Ca coute cher mais c’est bien pratique par la suite. Par moment, vous croulerez sous le poids des munitions ou des objets de soin, tout comme vous pourrez vous sentir un peu à la rue. Les objets ramassés traînent parfois sur des tables, dans des armoires ou à même le sol. Ils sont souvent cachés dans des caisses ou des tonneaux de bois sinon. Pour les briser, un conseil : ne tirer pas dessus, ce serait une perte de munitions. Approchez-vous et utilisez votre couteau en appuyant sur la touche L puis A. Cette arme sera toujours à votre disposition mais n’apparaîtra pas dans votre inventaire. Elle s’avère également très utile pour achever vos ennemis.

On retrouve toujours les fameuses herbes vertes et rouges comme dans les précédents opus, mais on en découvre aussi une nouvelle : la jaune. Vous pouvez mixer les trois pour obtenir un mélange du tonnerre qui vous soignera de manière très efficace et qui augmentera un peu votre santé maximale ! Et cela, grâce aux pouvoirs de l’herbe jaune. Les herbes bleues permettant le soin du poison n’existent plus.

Vous pourrez également, au cours de votre périple, tomber sur des trésors d’une valeur inestimable qui vous serviront grandement pour acheter de nouvelles armes ou de les optimiser. Il suffit que vous les vendiez au marchand et il se fera une joie de vous les racheter.

La magie des espaces et des ambiances
C’est le plus beau jeu sorti à ce jour. Vous ne trouverez pas d’ambiances aussi réalistes et aussi sombres dans un autre jeu. Il dépasse un Silent Hill niveau réalisation, c’est une vraie œuvre d’art. Les graphismes sont vraiment travaillés comme de la dentelle. Tout est minutieux, on ne trouve aucun défaut même en cherchant dans les moindres détails. Les textures sont fines et précises. Vous serez ravi, malgré la peur, de voir à quel point les décors sont splendides et les personnages aussi réalistes. Vous découvrirez petit à petit des cinématiques époustouflantes lancées avec le moteur du jeu, ce qui vous permettra d’y avoir une intéraction et donc agir à l’intérieur même de celles-ci.

L’animation des personnages est réaliste tout en étant iréelle pour les villageois... Leur façon de marcher est excellente et on sent justement qu’ils ont une graine en guise de cerveau. Ils ont une façon de se jeter sur vous, c’en est terrifiant. De votre côté, votre personnage possède aussi un bon panel de mouvements. A savoir aussi que lorsque vous tirez sur les jambes, le buste ou la tête d’un ennemi, il ne réagira pas de la même manière. Parfois, il agonisera tout simplement. La mise en scène est vraiment géniale et le jeu ne connaît aucun ralentissement. Un seul petit défaut à signaler : le fait qu’on voit parfois les armes des ennemis à travers les portes.

Concert d’onomatopées
Ah ! La musique... Voire même le silence... Une ambiance faite uniquement de tensions rien que pour le plaisir des joueurs. Aucune mélodie ne peut vous mettre à l’aise. L’atmosphère y est morbide tout au long du jeu. Toujours cet air si grave, voire limite putride. On se sent presque capable de ressentir des odeurs grâce à ces musiques nouées à un univers maladif. Les grognements de vos ennemis, entre autre ces villageois qui ont contractés une mauvaise maladie, vous embarrasseront encore plus. Les bruits de pas dans votre dos, les frottements d’ailes et les chants grégoriens remixés vous donneront des sueurs froides et vous noueront l’estomac. C’est tout simplement un vrai bonheur pour tous ceux qui recherchent du frisson mêlé à de l’aventure qu’on pourrait qualifier de totalement imprudente. Il est difficile de décrire un jeu comme celui-ci où on ressent tant de choses. Le seul moyen de s’en rendre compte c’est d’y jouer.

Une petite précision tout de même : le jeu est en anglais sous-titré français. C’est tout de même plus agréable d’y jouer en V.O. de toute façon. Vous entendrez donc les villageois sortir des bribes de phrases en espagnol, logique. D’ailleurs cela vous fera peut-être tréssaillir d’entendre des mots dans cette langue par la suite...
Longue vie au Roi
Vous passerez en moyenne une bonne vingtaine d’heures avant d’en voir le bout. Les lambin(e)s ou prudent(e)s mettront peut-être 5-6 heures de plus... On peut dire que la durée de vie d’un survival horror dépassant les vingt heures est assez remarquable et conséquente. Vous avez de quoi flipper un bon moment. Bien entendu, c’est simplement au bout de votre première partie qu’on peut affirmer cela. Une fois terminé, vous pourrez rejouer une nouvelle partie avec vos dernières armes acquises. Vous débloquerez aussi un mode vraiment sympathique, rappelant le mode « Hunk le survivant » dans Resident Evil 2 mais en mieux. Gardons tout de même quelques surprises, vous découvrirez par vous-même ce qu’il se passera. Au final, comptez plusieurs dizaines d’heures pour explorer le soft à fond.
