Quand le délégué général du SELL dérape...

... le SNJV répond !

Jean-Claude Larue délégué Général du S.E.L.L. (Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs) lors d’une émission sur gameradio.fr a eu des propos assez blessants envers le S.N.J.V. (Syndicat National du Jeu Vidéo) . Son Président, Nicolas Gaume a exprimé son mécontentement dans une lettre adressée à Georges Fornay, actuel Président du S.E.L.L.

En voici la teneur :

"Cher Georges,

Jean-Claude a remis cela.

Au détour d’une interview sur gameradio.fr, le voilà clamant « Le SNJV, le soi-disant syndicat des jeux vidéo, est une escroquerie. C’est comme si un parfumeur de Digne les Bains s’appelait l’Oréal. C’est une blague. ». Fût un temps j’aurais peut-être trouvé cela touchant. Touchant comme lorsqu’un grand oncle excentrique lâche, à la fin d’un long dîner de famille dominical, quelques saillies, avec verve et humour. Seulement voilà l’excentrique a dépassé la ligne jaune. Celui de la haine gratuite et du mépris le plus nauséeux. Et il est temps de s’interroger si Jean-Claude parle en son nom propre ou au nom du SELL. Qui est l’escroc dans tout cela ?

Oui, le SNJV n’est pas le syndicat des grandes et puissantes multinationales américaines ou japonaises de la distribution de jeux vidéo. Est ce un problème pour vous ? Le SNJV réunit, avec 140 entreprises, petites et grandes, la quasi totalité de ceux qui produisent des jeux en France pour consoles, pour mobiles, pour pc, web ou facebook. Plus de 3000 collaborateurs passionnés par leur métier. Des studios qui n’aimeraient ne se soucier que d’une seule chose : offrir la meilleure jouabilité, l’originalité et l’excellence à des joueurs exigeants de tout âges. Des studios qui voient le monde qui bouge avec de nouvelles façons d’expérimenter le jeu et de le créer. Des entreprises qui innovent autour de nouveaux modèles économiques et de nouvelles relations aux clients. Des sociétés qui se développent et embauchent.

Le mandat que j’ai reçu de nos membres n’est pas de gesticuler, vociférer, assassiner tel prestataire parce qu’il n’a pas su plaire et plier, fustiger le voisin parce qu’il n’est pas aux ordres d’un ego mal placé. Ni de lancer de belles formules sous les lambris dorés de la République. Non il s’agit, au quotidien, d’œuvrer pour que la création de jeux vidéo puisse prospérer en France. Aux côtés des écoles qui forment nos talents, aux côtés de ceux qui nous gouvernent. Faire connaître ce secteur et tout ce qu’il peut apporter à notre pays de créativité, d’innovations technologiques, d’exportations et d’emplois.

Le jeu vidéo en France a suffisamment d’inquiétudes à avoir. Les joueurs sont sur-sollicités et la concurrence internationale est rude. Notre environnement économique n’est pas le plus porteur face à tant de pays qui investissent des centaines de millions d’euros pas an pour faciliter le développement sur leurs territoires. Canada, Corée, Singapour, Chine et tant d’autres voient le secteur d’avenir et y investissent massivement ; alors même qu’ici on rabote les rares dispositifs qui donnaient quelques espoirs à notre secteur.

J’ai toujours prôné des actions en bonne intelligence entre nos syndicats. J’ai eu le privilège d’être à vos côtés et d’y voir des gens de grande qualité, sincères dans leur engagement. Mais le SNJV ne sera pas dans le chaud, la déclaration fracassante, la menace larvée ou les somptuaires dépenses qui –croit on- impressionnent. Ce monde là est terminé. Le marché bouge, ouvrez les yeux. Nous ne jouons plus aux jeux comme il y a 20 ans… nous ne les produisons, ni ne les vendons plus comme il y a 20 ans. Les joueurs ne sont pas des moutons que l’on mène à l’abreuvoir. Les développeurs ne sont pas des autistes parqués dans un coin.

Je n’ai certainement aucune leçon à donner à personne. J’ai mon lot de cicatrices et d’erreurs passées. Mais ma passion est intacte et mon engagement total. Le SNJV souhaite plus que jamais qu’en France naissent des jeux excellents qui plaisent aux joueurs du monde entier. Le SNJV souhaite donner l’opportunité aux belles écoles nées sur notre territoire des débouchés pour leurs étudiants, en France, pas à l’étranger. Le SNJV souhaite tout simplement que nous ayons de nombreuses et belles entreprises en France.

Nous voulons que la France produise plus de Dofus, de Lapins Crétins, d’Heavy Rain, de Ruse, de Blood Bowl, de Dark Messiah, d’Urban Rivals, de la Brute, de Babel Rising, de Track Mania, de Prizee, d’Equideow et tant d’autres.

Jean-Claude a servi la cause du jeu en France mais il est temps pour vous, grands distributeurs et constructeurs, de vous interroger sur la parole qu’il porte aujourd’hui. Votre parole. La parole du SELL.

Nicolas Gaume"

Il serait temps que l’image du jeu vidéo ne soit pas ternie, ce n’est ni bon pour l’industrie ni pour les joueurs...

     
 

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