Il vous sent. Il vous observe. Vous n’êtes pas en sécurité. Au fur et à mesure qu’il vous suit à travers ses jumelles, ses naseaux se dilatent au rythme de sa respiration saccadée. Pour vous, cet être mi-homme mi-lion est l’Etranger, un chasseur de primes impitoyable et dangereux. Pour lui, vous n’êtes rien d’autre qu’un gros tas de billet.
Portrait-robot de la justice
L’Etranger, donc. Cette imposante carcasse a traîné ses oripeaux d’un bout à l’autre des plaines d’Oddworld, dans des vallées parfois remplies de malfrats encore plus pourris que vous. Il les traque, Il les chasse, et les donne à la justice, morts ou vifs. Autant dire qu’il ne vous fera pas de cadeaux. Il utilise une arbalète dotée de munitions vivantes qu’il chasse lui-même. Les araignées vous ligotent, les abeilles vous piquent, les cloportes géants vous assomment, vous êtes mal barré. Et, de par son expérience et son rapport intime à la Nature, l’Etranger peut combiner diverses races de créatures (parmi une dizaine) sur les deux emplacements de son arbalète afin de trouver des combinaisons de races toujours plus dévastatrices. Il s’approche lentement de votre forteresse, abat vos larbins, et s’occupe de vous, quels que soient vos moyens de défense.
Poésie de Western
L’Etranger évolue, comme vous, dans un monde splendide et cohérent, pastiche de western, brûlant de chaleur et de tension animale. Animale, c’est le mot, étant donné que toutes les villes sont peuplées d’animaux, des poules aux crocodiles, en passant par les renards. Enfin, ces villes, l’Etranger les connaît mieux que vous, car tandis que vous restez enfermé dans vos quartiers, Il va déposer vos camarades au Bureau des primes et s’acheter de nombreuses améliorations. Jumelles, énergie, emplacements pour munitions, il fait tout pour traquer les vermines dans votre genre. Les villes sont reliées par une carte totalement crédible, juste fluide et parfaite. L’Etranger ne se perd jamais, quand bien même il voudrait.
De la portée philosophique de la prime.
De plus, de drôles de bruits, courent à propos de l’Etranger. Non seulement sa nature féline lui offre la capacité de courir à quatre pattes comme le plus véloce des guépards mais, plus étrange encore, on dit que si l’Etranger exerce cette profession toute lucrative, c’est pour subir une opération chirurgicale. A quel but ? Nous n’en savons rien. Les quelques oreilles encore en vie pour en parler disent avoir entendu les mots ’’revanche’’, ’’nature’’, ou bien ’’altruisme’’. Apparemment, il tenterait de réunir 20.000 dollars pour s’en retourner dans son peuple et vivre une aventure plus forte encore que celle, égoïste, de chasser la prime. Vivement qu’il y aille, vous commencez à avoir peur, avec ce petit laser rouge sur votre front...











