Le premier Max Payne est devenu un jeu culte sur PC. Les graphismes, l’ambiance, le gameplay, les personnages, il en arrivait même à faire oublier sa linéarité et son level-design poussif tant il était sympathique. A l’époque, les conversions sur consoles eurent mauvaise presse, à raison (on notera tout de même un opus GBA pas trop mal foutu, voire amusant). Toujours est-il que pour le second opus des aventures de notre Gontran Bonheur de l’apocalypse, les finlandais de chez Remedy ont mis le paquet : Graphismes somptueux servis par un moteur physique bluffant, un habillage sonore plus doux, plus cruel, plus désespéré, une ambiance encore plus noire, et même une conversion console réussie (sur Xbox, la PS2 n’ayant pas les moyens de ses ambitions sur ce coup). Bien évidemment, comme on ne change pas une équipe qui gagne, on garde les deux principaux atouts de l’opus principal : Un scénario mature en diable, et du Bullet-time. Et pour ceux du fons qui ne suivaient pas, on ré-explique :
Le bullet-time, kézako ? C’est très simple : Au fur et à mesure que Max la menace dézingue ses ennemis, il remplit une jauge en forme de sablier lui permettant de ralentir le temps, et d’augmenter sa perception pour abattre encore plus de vilains garçons, et profiter au passage de splendides distorsions visuelles et sonores. Le tout étant, comme je le disais plus tôt, servi dans un écrin des plus luxueux. Les graphismes sont splendides, textures et modélisations sont ultra détaillées et tous les effets visuels (bullet-time, éclairages, feu, particules) flattent la rétine, voire plus (bande de coquinous). Autre point important que j’évoquais plus haut : le moteur physique. ‘‘Havok Powered’’, le soft prend tous son sens lorsque lors d’une fusillade les corps tombent des rambardes, se cognent aux murs, font tomber des caisses qui elles-mêmes font tomber un escabeau qui risque de s’écraser sur vous, toutes ces petites choses qui, au ralenti, vous donnent l’impression d’être un ange de la mort venu sur Terre pour distribuer du plomb avec classe. Et ça marche. Non content d’être un ‘‘ simple’’ jeu d’action, Max Payne 2 va plus loin. C’est un vrai simulateur de polar. Non seulement son gameplay est réglé comme du papier à musique (on n’est jamais perdu, le rythme est toujours soutenu), mais surtout, il possède un scénario, une maturité, une ambiance, et une qualité d’écriture que ne renierait pas Frank Miller (Sin City) si, si.
C’est par ces mots que veut se définir le soft. Et à chaque seconde pad en main, on lui donne raison. Impossible de ne pas ressentir d’empathie pour Payne quand, en pleine fusillade, musique déchirante en fond sonore, sa voix caverneuse d’anti-héros désabusé déclame un monologue sur le piteux état de sa vie. Cette narration ingame par la voix-off, en plus d’être une excellente idée, n’est que la partie émergée de l’iceberg. En effet, la narration entre les niveaux se fait par de petites bandes dessinées bénéficiant d’un filtre crapsec, rendant l’ambiance générale encore plus torturée, encore plus rude. Les dialogues savoureux aident aussi énormément à cette immersion sans faille. Je ne vous dirai rien de plus sur le scénario, sur ce combat perdu d’avance, sur cet amour vénéneux, sur les hallucinations de Payne, sur ses errements dans une fête foraine désaffectée, non, rien ne sera dit sur ce jeu à la qualité d’écriture exceptionnelle. Ah si, quand même : Il ne faut toutefois pas penser que la maturité du jeu l’empêche de faire preuve d’humour, bien au contraire. Entre les shows TV à suivre de niveau en niveau, les dialogues souvent croustillants et les situations tordues (une mission consiste à protéger un personnage affublé d’un costume de héros de dessin animé, où la bombe dans le costume menace d’exploser à tout moment), l’humour est bien présent, mais a toujours quelque chose de noir, voire de pathétique (le personnage costumé à une tête tellement grosse qu’il ne passe pas par les portes, devenant autant une source d’amusement que de stress). Et je vous ai gardé le meilleur pour la fin : Pour guérir ses blessures, Max Payne se soigne à coups d’analgésiques. Et d’après vous, comment traduit-on le nom de ces petits cachets en anglais ? ‘‘Painkillers’’
L’histoire d’un homme qui appuie sur le bouton rouge pour se rendre compte qu’il a rayé un pays entier de la carte . C’est un peu ça Max Payne 2.
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