Suite à une étude effectué cet été aux Etats-Unis auprès de 2000 personnes par le cabinet Parks Associates, Nintendo met en lumière le fait qu’aujourd’hui la société n’est pas séparée en deux camps très distincts de joueurs et de non-joueurs. Effectivement, au fur et à mesure des années, le jeu vidéo s’est réellement imposé comme un loisir à part entière au même titre que des sorties au cinéma, les séances de sport ou tout autre centre d’intérêt partagé par des milliers de personnes. Il en ressort donc plusieurs catégories entre les deux extrêmes, dont le casual gaming.
Pour l’expliquer succinctement, rien de tel que quelques témoignages :
Laurent, 51 ans, ingénieur, célibataire : "Moi, je suis d’une génération où on jouait beaucoup aux cartes ou aux jeux de société avec mes amis ou ma famille. J’y joue encore, mais seulement en vacances, hélas. Et j’ai toujours opposé ces jeux traditionnels au jeu vidéo. Quand je voyais mes neveux et nièces jouer sur leur console, je sentais que je ne faisais pas partie de ce monde là. Ils me demandaient souvent de jouer avec eux mais je n’y arrivais pas. Par contre, en les regardant jouer avec leurs amis ou leurs cousins, cela m’a rappelé mes propres souvenirs. Ca m’a donné envie de jouer mais pas à leurs jeux, aux miens. Et j’ai commencé avec des réussites sur mon PC. Ca me détend après le travail mais j’en ai eu vite assez de jouer toujours au même jeu."
Sophie, 37 ans, graphiste, mariée, trois enfants : "J’ai longtemps refusé que mes enfants aient une console ou des jeux sur PC. Je pensais qu’ils allaient s’isoler, qu’ils ne s’amuseraient plus qu’en face d’un écran. Et puis, ils en avaient tellement envie que j’ai fini par céder mais je voulais voir à quelle activité au juste ils allaient s’adonner. J’ai donc acheté quelques jeux pour enfants et je me suis vraiment amusée avec eux. Ils m’ont donné envie de découvrir autre chose."
Karen, 33 ans, maquettiste, célibataire : "C’est un ami qui m’a fait découvrir de petits jeux simples sur son portable. Il m’a même montré que j’en avais sur le mien. Je ne le savais même pas ! Ca m’a fait rire de jouer avec lui sur un jeu de puzzle avec de très jolis graphismes, mais je ne me voyais pas y jouer toute seule. Et puis, l’an dernier, j’ai trouvé du travail loin de chez moi avec de longs temps de transports et je m’y suis mise. C’est drôle à quel point le temps passe vite quand on joue ! Une fois, j’ai même raté ma station. Quand j’ai raconté cette histoire, mon ami m’a dit que j’étais devenue une ‘gameuse’."
Sofiane, 38 ans, professeur d’éducation physique, marié, deux enfants : "J’ai offert une console à mes enfants et, de temps en temps, je joue un peu avec eux, mais ils sont trop forts pour moi. Depuis que j’ai découvert Internet, il y a quatre ans, je surfe beaucoup. C’est presque par hasard que j’ai découvert que des jeux gratuits étaient disponibles. C’est très marrant parce que cela fait appel à des qualités très différentes : la mémoire, l’habileté, la vitesse ou le sens tactique. Du coup, je m’entraîne et je les provoque. Parfois, je gagne."
Le casual gaming concerne n’importe quelle personne qui décide de passer un moment plus ou moins long sur un jeu de n’importe quel genre, sans pour autant suivre l’actualité vidéoludique au jour le jour. Les femmes se retrouvent très nombreuses dans cette catégorie de joueurs car, comme nous l’explique Nintendo, "la progression la plus importante du jeu ’casual’ est l’apanage de tous ceux qui ne constituent pas la population traditionnellement la plus sensible au jeu vidéo. Les jeunes filles et les femmes, en premier lieu, qui se sont senties exclues d’un univers très connoté masculin où les jeux de courses de voitures, de sport (de football en particulier) ou violents, très populaires parmi les jeunes garçons, ont souvent masqué une production multiple et moins caricaturale qu’il n’y paraît. La génération de ceux qui n’ont jamais connu le jeu vidéo autrement que par le biais de leurs propres enfants, elle aussi, s’est sentie en marge de ce divertissement dont l’essor phénoménal est aujourd’hui à maturité. C’est souvent parmi cette population que le ’casual gaming’ a trouvé ses plus grands adeptes."
Pour finir, une autre étude, menée par l’institut Harris Interactive Monday démontre que 31% des adultes américains préfèrent passer une heure à s’adonner à un jeu vidéo plutôt que de regarder la télévision. Parmi ceux-ci, 21% préfère un jeu à un film à la maison et 35% à un film au cinéma. De plus, l’étude indique que deux tiers d’entre eux jouent au moins une heure et que 30% pratiquent deux heures de suite. Dernier point, le "casual gaming" est très majoritairement pratiqué par les femmes (70%) et que 60% de ces joueurs ont plus de 35 ans.
Le "casual gaming" grapille progressivement du terrain sur les autres types de loisirs. Il tant à prouver que l’ouverture au grand public, jadis diabolisée par les plus fervents adeptes, n’est pas aussi négative. L’impact est d’ailleurs telle que de plus en plus de jeux sont élaborés sur la base de cette notion de "jeu occasionnel".
Forts de cela, parions que le dernier titre de la DS, 42 jeux classiques, aura du succès.




