20/10/2009

Geek&Girly : l’interview de Nephyla

- GamonGirls : Bonjour, pourriez-vous tout d’abord vous présenter à toutes nos lectrices ?

- Nephyla : Bonjour, je suis Nephyla, la dessinatrice de Geek&Girly, j’ai 26 ans et je me suis reconvertie dans la BD et l’illustration freelance après avoir travaillé dans le milieu du Dessin animé. Sinon je suis une rôliste non sevrée, je ne peux pas m’empêcher de jouer à World of Warcraft , j’adore la Fantasy, J’idolâtre Lucy Lawless, j’aime les bonnes bouffes, et j’entretiens le plaisir coupable d’aller voir des nanards au cinéma !

- Comment vous est venue l’idée de cette BD ?

- Audrey Alwett m’a contactée pour participer au lancement de la collection Strawberry. Le projet était vraiment intéressant dans le sens où il était inédit : une collection pour filles-avec un vrai point de vu féminin-, des histoires péchues, un format hybride et ce tout en couleur, une parution rythmée...

J’ai imposé Rutile en tant que scénariste avec qui je partage une vision commune, nourrie par des influences similaires. Et Ô miracle le pitch le Geek&Girly a carrément botté notre éditrice !

- Comment définiriez-vous votre style ? Vos inspirations ?

- Comme l’a expliqué Rutile, nous avons un certain passif et un grand nombre de gouts en commun. Lorsqu’on nous a proposé ce projet très ciblé, on s’est dit que c’était l’occasion de rendre hommage à la quantité pléthorique de shôjos manga ou de comédies romantiques à l’américaine qu’on avait pu ingurgiter. Je pense que le travail de Joss Whedon sur Buffy the Vampire Slayer a été déterminant dans le ton qu’on voulu donner à l’ensemble : il a une vision des adolescents hyper juste et en même temps drôle et sans complaisance.
En matière de mise en scène je dirais que ça oscille entre le burlesque de Switch Girl (Aida Natsumi) et la tendresse d’un Honey and Clover (Umino Chika) et ça tend, j’espère, dans les moments plus introspectifs, à la subtilité de Victorian Romance Emma (Kaoru Mori).

- Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre, à participer à ce projet ?

- J’ajouterais à ce que dis Rutile, que j’avais réellement envie de communiquer notre amour de raconter des histoires. Elle et moi nous connaissons depuis longtemps, et on a toutes les deux la passion au ventre. Nous avons en commun de prendre les choses à cœur et de les faire à fond. Nous aimons cette histoire, ces personnages et nous croyons au potentiel de cette collection. Et c’est ça qui a été véritablement moteur.

- Est-ce que l’histoire a été facile à trouver ? C’est un monde qui vous est familier ?

- La base de l’histoire, Rutile l’avait depuis longtemps, ce qui a été ajouté c’est ma vision des choses.
Au final, nous nous considérons toutes les deux comme des Geekettes avec sont lot de schizophrénie : on aime les film d’action "burnés" mais on fond devant une histoire d’amour bien écrite ; on peut pexer sur un MMO en oubliant de manger et de prendre une douche tout en adorant cuisiner et se pomponner quand on sort ; on vénère les monstres dégoulinant, les gunfights et les batailles qui sentent le sang et la sueur, mais on kiffe les peluches et comme toute fille normalement constituées on a zoné sur Cute Overload !

En gros c’est ça Geek&Girly, une sorte de Big Bang Theory inversé ! C’est à l’image de tous nos paradoxes !

- Cela n’a pas été trop dur de ne pas tomber dans les stéréotypes ?

- Le problème d’une BD comme Geek&Girly c’est qu’elle sonne résolument nouvelle tant par son format que par son contenu. Alors forcément avec un objet aussi hybride dans une collection aussi particulière, on a commencé par nous faire des procès d’intentions : les "geeks" (souvent mâles) trouvent que ça n’est pas assez référencé et se sentent exploités par une vague de BD et de films caricaturaux ; les "Girls" n’apprécient pas qu’on les stigmatise comme "nunuches ne lisant pas si le format du bouquin ne rentrent pas dans un sac à main".
Mais la preuve de la qualité de G&G c’est avant tout sa lecture. Ceux qui l’ont lu sont généralement, au pire, suffisamment intrigués pour lire la suite, au mieux, complètement conquis !

- Depuis la sortie, avez-vous eu des retours de la part de geek(ette)s ? Quels sont-ils ?

- Super positifs ! Certaines "Geekettes" nous ont remerciées pour avoir enfin sorti une BD qui leur correspondent. Je pense que c’est le meilleur compliment qu’on puisse nous faire et ça booste pour la suite !

- Pour vous, c’est quoi un geek ?

- Je résumerais la tirade fleurie de Rutile par : la définition de "geek" de nos jours est protéiforme. C’est un spécialiste avant toute chose, mais plus aussi marginal ni aussi centré sur une seule discipline qu’avant. Et c’est la passion dévorante qui l’anime et le pousse à explorer toujours plus loin ce dont il s’éprend.

- Vous considérez-vous comme une geek ?

- Oui, mais là encore, plus comme le définit le terme d’origine. Je ne suis pas férue de nouvelles technologies ni de science uniquement, mais je suis une rôliste, j’aime les comics, mangas, et autres romans et films fantastiques.

En tout cas jeunette, j’avais le look et les attitudes propres à une geek : un sujet me passionnait en cours, et je compulsais des ouvrages, me documentais, me confectionnait des cahiers agrémentés d’images découpées dans des journaux sur le sujet de mon obsession. Je crois que j’ai inquiété mes parents à faire du zèle et à rester enfermée à la maison avec mes livres et mes crayons ! Ce n’est que bien plus tard que j’ai découvert, grâce à une communauté de rôlistes de garçons, que je n’étais pas seule, noyée au milieu de gens ne me comprenant pas.

- Quel est votre relation avec tous les objets technos ? En avez-vous dans votre sac de fille ?

- Alors étrangement, je n’y connais rien, et... je m’en fiche. Je suis une sorte de grosse réac’ accrochée à son écran cathodique ancestral comme une sorte de coquetterie vintage. Mon boulot m’amène à fricoter avec la technologie par nécessité : j’ai une tablette graphique Wacom, divers disques durs externes, plusieurs jeux de clés USB et une bonne carte graphique pour faire tourner WoW, mais guère plus.
Les seules minauderies technologiques que j’ai, on me les a offerte : un lecteur MP3 (un Creative Zen) et une DS.

- Quel téléphone utilisez-vous et quel usage en faites-vous ?

- Alors un téléphone, ça sert à téléphoner. Si je veux prendre une photo ou aller sur internet, j’ai un appareil photo numérique et un mon ordinateur chéri ! J’ai fait halluciner le vendeur de mon opérateur quand je lui ai dit d’emblée : " Alors je me fiche que mon téléphone ressemble à un couteau suisse : le plus simple et le meilleur rapport qualité/prix, s’il vous plait !?" Malheureusement je crains que ça ne se fasse plus, j’ai donc hérité d’un Nokia 5220 Xpress Music que je n’utilise qu’au minimum de ses capacités !

- Mac ou PC ?

- PC !! Vous êtes fous, jamais plus je ne me coltinerais un Mac ! (traumatisme du premier ordinateur....^^)

- Branchée jeux vidéos ?

- A la base, pas trop, mais poussée par mon homme (qui possède une DSlite, une Wii, une playstation II et bientôt une III...) j’ai forcément été imprégnée... Et depuis que je suis tombée dans World of Warcraft, c’est foutu, je décroche plus !

- Et pour finir, parlez-nous de vos projets présents et à venir. Y aura-t-il une suite à Geek&Girly ?

- Alors oui, c’est bien prévu, d’ailleurs le volume 2 est annoncé pour Japan Expo 2010, en juillet prochain ! Par ailleurs Rutile et moi avons un autre projet ensemble qui nous tient franchement à cœur et qui n’a strictement rien à voir avec G&G puisqu’il s’agit d’une histoire érotique. Et sinon j’ai de multiples projets avec d’autres scénaristes en cours d’élaboration mais aussi des scénarios bien à moi ! J’espère avoir assez de temps dans ma vie pour faire tout ce que j’ai en tête ! Héhé, moi aussi j’adore mon métier ! ^^

     
 

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