La Nomad de Sega est en réalité une Genesis portable, l’équivalent d’une Megadrive portable en Europe. Elle fut produite sur les sols nippons et américains mais ne sortit qu’aux Etats-Unis. Son début de mise en vente, en octobre 1995, correspondait à une offre exclusive de chez Toys’R’us. Elle était désormais disponible pour la somme de 180$ (environ 2590 FF de l’époque).
Pour connaître la raison de sa fabrication, il faut se pencher sur sa grande sœur : la console Sega Mega Jet, sortie en 1993. Cette dernière est aussi l’équivalent d’une Megadrive portable mais sans écran. Elle était tout d’abord présente dans les avions de la Japan Air Lines. La compagnie nippone avait décidé de proposer cette console pour ses clients voyageant en vol long courrier afin de passer le temps. Elle sortit ensuite dans le commerce en 1994, mais en quantité limitée. Toujours identique à la première version apparue dans les avions, son gabarit l’apparente un peu à une Gamegear, et donc à une portable. C’est véritablement son concept qui a donné naissance à la Nomad. Cette dernière fut d’abord baptisée « Project Venus », nom de code correspondant à la phase de développement (remarque : on note l’habitude de Sega de nommer ses projets par des noms de planètes du système solaire).
La Nomad possède un écran LCD offrant une image en couleur et rétro-éclairée, de meilleure qualité que celui de la Gamegear (mais moins que celui de la Nec PC Engine LT). On note un peu de rémanence lorsqu’on joue à Sonic par exemple. Pour en profiter où bon vous semble, il faut l’alimenter avec six piles LR6 à insérer dans un Battery Pack qui doit lui-même s’adapter au dos de la console, ce qui a le don de l’alourdir un poil et la rendre plus volumineuse. Son autonomie s’élève seulement de 90 à 160 minutes de jeu, ça nous pousse donc à la qualifier de « transportable » plutôt que de « portable »... C’est son gros point faible tout comme la Gamegear. C’est aussi la raison de sa vertigineuse chute.
Heureusement, elle possède plusieurs cordes à son arc et fonctionne également comme une console de salon. Il est effectivement possible de la brancher sur une télévision. Pour nous, pauvres Français (dans cet injuste monde vidéoludique ^^), il est bon de savoir que l’on peut utiliser les câbles d’alimentation et vidéo d’une Megadrive II PAL !
Ce qui la rend aussi spéciale, c’est son utilisation en tant que manette alors que le joueur suit l’action sur une télévision. Si l’envie d’une partie multijoueur vous prend, l’un de vous pourra regarder l’écran de la Nomad, et l’autre celui de la télé. Eh oui ! Cela montre qu’on peut brancher une manette dessus. Cette petite est vraiment futée et cache bien son jeu ! De plus, il est possible d’y lire un grand nombre de titres Megadrive PAL (en plus des NTSC bien entendu).
Voici des exemples de titres PAL compatibles :
Non compatibles :
Ces deux listes sont, bien entendu, non exhaustives.
Plusieurs autres « périphériques » peuvent se brancher sur la Nomad, comme le Battery Pack évoqué plus haut. Le Power Back quant à lui est en fait une batterie que l’on recharge grâce à un adaptateur secteur, et qui s’applique au dos de la console. Tout comme les piles, cela l’alourdit davantage !
En définitive, la Nomad se comporte autant comme une (trans)portable qu’une console de salon. Mais sa très faible autonomie en tant que portable (qui est tout de même son utilité première) ne lui permit pas de trouver sa place parmi les autres consoles... Elle subit, tout comme la Lynx d’Atari, les foudres de sa rivale : la Game Boy. Même sa baisse de prix à 80$ ne ralentit en rien sa longue et triste agonie. Heureusement, elle reste dans la mémoire de certains joueurs, et les collectionneurs d’aujourd’hui se l’arrachant, cela lui permet de graver son nom dans la postérité (et elle le mérite !).