Cristina Cordula ou ma journée de rêve... brisé... La Suite...

Part 2 - Je joue au mannequin

Donc c’est avec ma nouvelle tête, que nous allions vers la suite des festivités. Et la suite se passerait dans les bureaux de Cristina.

Nous avons donc pris le métro, et le hasard a fait que je sois assise à coté de Cristina. Je voyais bien que cela la chiffonait car je l’avais séparé de son assistante adorée. Oui car Cristina a une assistante, qui on le sent bien a une admiration quasi dévote pour l’ancienne mannequin. Son rôle, entre autres, prendre toutes les notes qui permettront d’écrire le bouquin (elle a noté par exemple qu’il fallait absolument camoufler la bosse de mon dos, bon je lui ai gentiment expliqué que ça il fallait éviter que cela apparaisse puisque cette bosse était imaginaire, merci)(oui parce que tu pensais que c’etait Cristina qui prenait les notes ?). Et cerise sur le gâteau, les deux inséparables parlent continuellement en portugais devant vous... c’est très gênant et assez impoli quand vous même vous ne comprenez pas cette langue...

J’étais donc à coté de Cristina, assez contente, moi, d’avoir enfin un moment avec elle, j’ai donc essayé d’engager la conversation... j’ai très vite abandonné... que voulez-vous, je n’étais pas dans leur trip des défilés de la fashion week, et surtout, c’est à cause moi qu’elle en ratait... je suis désolée...

Bon arrivées chez Cristina, nous sommes passées au relooking vêtements. Et pendant que les autres mangeaient, je devais essayer les tenues choisies. Oui, heureusement que cette histoire de cheveux m’avait réellement coupé l’appétit car peu lui importait si j’avais soif ou faim car m’a-t-elle expliqué, nous avons un timing serré... bon elle, en plus ne se nourrit que d’une canette de Coca Light... donc forcément...

Dans mon imaginaire naïf, j’avais cru, que les vêtements avait été choisis par Dame Cordula pour moi... en fonction bien sur de ma morphologie, de ma personnalité, de mon mode de vie... Mais quelle bétasse, je fais... en fait, Cristina découvre en même temps que moi les différentes pièces. Oui, c’est une autre jeune femme, qui travaille avec elle, qui fait le tour des boutiques alentours (quartier très chic) et qui se fait prêter des vêtements pour la journée. C’est un peu le coup de loto, et il faut faire avec, et surtout ne pas les froisser, faire attention aux étiquettes et aux anti-vols.

Donc là on me demande d’essayer une jupe avec des collants, puis on enlève le tout pour un pantalon, puis on remet, puis on enlève, et là, royale sur son canapé, elle décide, sèche, coupante, cassante. Et à un moment, j’ai du oublier qu’il fallait que je me taise, j’ai du dire, "ça c’est joli", ou "je ne suis pas habituée à cette couleur", mais juste comme ça pour faire la conversation, car elle m’a dit d’aller attendre à coté... bon punie...

Alors que dire des vêtements... que la plupart, je ne les aurais même pas regardé ou avec horreur, que certains même ma grand-mère ne les aurait pas porté tellement c’était vieillot, mais bon j’étais là pour bousculer mais habitudes donc cela, je le prenais avec sérénité...

En revanche, je n’oubliais pas un des buts premiers pour avoir accepté cette journée, avoir des conseils et aussi des adresses pour trouver des vêtements sympas, modernes que je pourrai acheter, car au delà d’une certaine taille ce n’est pas toujours facile, facile... Et bien pour les envies de shopping, il faudra que je repasse... tout venait de boutiques affreusement chères et pas adaptées du tout, du tout, à mon budget... Non, Cristina, je n’ai pas les moyens de m’acheter un petit top à 180€... oui, pas facile pour toi à comprendre, toi qui a paradé devant nous avec ton nouvel imper Prada !

Puis, j’ai eu le droit d’entrer à nouveau, et là, comme par magie, elle a repris son ton "je suis le centre d’attention", chaleureuse et gentille pour me donner pendant 5 minutes ses fameux conseils qui vont changer ma vie... Bon donc je suis un H (alors qu’au casting, elle avait répété de nombreuses fois, c’est un X, c’est un X...) (les habituées de ses conseils comprennent certainement, moi je ne sais toujours pas ce que c’est) et il faut que je porte des pantacourts pour montrer mes chevilles, des chaussures décolletées et pas de ceinture... voilàààà ! Merci Madame Cordula !

Puis avant de passer mes déguisements, oups pardon, mes tenues, séance maquillage. J’étais contente, fillasse que je suis, j’adore ça ! Donc j’écoutais avec gourmandise, Cristina et la gentille mignonne maquilleuse de chez Mac discuter des différents looks. Et là, comme j’ai une mémoire de poisson rouge, j’ai dit un truc certainement très naze du genre "J’aime beaucoup les yeux charbonneux" quand elles en ont parlé. Bien sur, j’ai tout de suite mordu ma langue quand Dame Cordula m’a dit très gentiment (hahahaha) "Tu nous laisses travailler !"... oups pardon, je m’en vais...

Heureusement, pendant les séances de maquillages, l’ambiance était à nouveau à la détente, voire aux fous rires grâce à Laurence qui n’est pas la dernière pour sortir des conneries !

Pendant ce temps là, je redevenais invisible pour Dame Cordula qui est très occupée avec sa banquière, sa juriste, sa comptable, ses discussions en portugais sur les défilés...

Pendant les séances de photos des looks, je me suis demandée pourquoi tant de filles veulent être mannequin, c’est fatigant et pas drôle (surtout quand tu ne te sens pas à l’aise dans les vêtements). Bon cela aurait été moins fatigant, si les lieux pour les séances photos avaient été repérés au lieu de nous faire arpenter tout le quartier dans tous les sens...

Et puis il y a eu l’histoire des bracelets... Je ne porte que très peu de bijoux sauf des petits bracelets extrêmement fins qui ont tous une valeur hautement symbolique. Je ne les quitte jamais parce que justement ils ont tous une histoire forte, je le répète, ce ne sont pas des bijoux mais des symboles. Certains, je ne peux pas les quitter car ils sont attachés par un petit noeud. Et là, tout d’un coup ils sont devenus un problème, il fallait que je les enlève. Je refuse. Mais chez Cristina et son assistante dévouée, cela devenait une obsession. Et devant leur insistance lourde, j’ai du enlever ceux qui pouvaient l’être. Et là, l’assistante a voulu imiter sa boss et m’a durement laché "mais comment peux-tu mettre cela ! C’est moche ! et c’est tellement à l’encontre de tous les conseils de Cristina !" Oui Mademoiselle, tu as le droit de penser que c’est moche (parce que Cristina le pense), mais moi cette mocheté, elle symbolise mon fils décédé et quoi que pense Dame Cordula, cela ne me quittera jamais. Devant mon refus, il fallu trouver un gros bracelet pour camoufler, ou que je prenne des positions non naturelles pour que ce fameux poignet horrible ne soit pas au premier plan... Triste...

Donc, Cristina, j’ai été déçue... pour moi le deal, c’était je te prête (oui gratuitement) ma silhouette, mes rondeurs pour que tu puisses mettre ton nom sur un livre, qui t’assurera promo et feux de la rampe et toi, tu t’occupes de moi, avec chaleur, et surtout empathie. Oui car ton boulot, normalement c’est d’aimer les gens pour les sublimer. Là, ce n’est pas de toi qu’il s’agit, c’est de nous... là toi, tu dois t’effacer... tu dois nous guider, et surtout faire en sorte que tout soit pensé pour nous. Que les vêtements soient choisis en fonction de nous et non en fonction des prêts consentis dans des boutiques inabordables, que les coiffures puissent avoir une vie après notre douche car nous n’avons pas toute un coiffeur à domicile, et surtout que l’on prenne en compte notre personnalité, notre façon de vivre...

Alors oui aussi, je pense qu’avec moi il y a eu une erreur de casting... pour plusieurs raisons...

  • Je n’ai pas pris ça comme un boulot, mais comme un moment espéré de chouchoutage. Bon à coté, j’étais pas payée non plus...
  • Comme je l’ai précisé au départ, je n’étais pas désespérée, je m’aimais bien en fait. Cela doit être plus facile avec une fille qui a vraiment besoin de changer.
  • J’ai du caractère (même si là, je l’ai méchamment mis en veilleuse), et surtout j’aime échanger, dialoguer, apprendre, comprendre et Cristina, ça tu n’aimes pas, tu veux juste que l’on t’écoute et que l’on t’admire...
  • Ensuite, j’ai l’occasion grâce aux blogs, de participer à des évènements où les gens sont accueillants et aux petits soins. Même si je continue à adorer cela, je ne suis plus très impressionnée par le fait d’être coiffée, maquillée... ce n’était pas un moment exceptionnel comme cela peut l’être pour certaines. Non, je ne suis pas blasée, bien au contraire, mais je pense que certaines seront plus tolérantes envers une telle attitude car elles vivront un moment inédit, moi j’ai plus de mal...

Voilà Cristina, par contre tu as un don, oui, il faut bien te reconnaitre cela, tu sais parfaitement t’entourer. Ton équipe est d’enfer, elles sont souriantes, gentilles, attentionnées, parfaites et je tiens à les remercier car ce sont de belles personnes.

Et bien sur une standing ovation pour Laurence et Antonin, qui sont la bonne humeur incarnée, qui savent te rassurer d’un mot, d’un clin d’oeil, d’une blague vaseuse.

Et si tu en prenais de la graine...

     
 

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