Histoires de Wii

Quand on attend la Wii

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Quand on achète la Wii

Depuis le temps qu’elle nous nargue à l’Ouest et à l’Est du monde ! Quelques jours d’écart et pourtant une éternité à nos yeux... Ils sont nombreux à ne pas avoir pu attendre la sortie française en dépensant un peu plus pour obtenir leur salut Outre-Atlantique, petits joueurs précoces qu’ils sont. Une façon comme une autre de jouer la sécurité finalement et d’éviter les grandes empoignades d’une matinée de folie. Parce qu’il faut bien avouer qu’à La Rochelle plus qu’ailleurs, le suspense était à son comble.

Malgré ses prétentions de ville bourgeoise, il faut bien avouer qu’elle n’est pas vraiment réputée pour ses qualités en matière de spécialistes du jeu vidéo sur place. Plutôt nigauds qu’experts, ne comptez pas obtenir de précieux conseils ou renseignements de la grande majorité des magasins qui ont fleuri ici et là. Il est loin le temps où ceux qui s’y connaissaient vraiment tenaient le haut de la référence rochelaise. Qu’à la limite il vous soit impossible d’être renseigné sur la marque du lecteur DVD contenu dans une certaine série de Xbox, par exemple, passe encore. Mais qu’un personnel d’une enseigne reconnue comme Dock Games ne connaisse ni de près, ni de loin ce qu’est un Freeloader ou que vous soyez quasiment reconduit à la sortie par un videur en vous précisant que "la maison ne fait pas de ça ici !" (insinuant de ce fait que vous ayez effectué une proposition relativement indécente, au caractère immoral ou illégal intolérable... Quoi qu’il est vrai qu’une partie de l’import est désormais hors-la-loi ! Mais pas encore à l’époque...) parce que vous avez eu l’audace d’en demander un dans un magasin comme Ultima, vous donne tout de suite un aperçu du niveau médiocre qui sévit dans les rues par-ici. A Paris, au moins, il était clair et net qu’il faudrait se battre pour en obtenir une !

Le suspense venait donc de plusieurs facteurs : l’incompétence notoire indépendante des joueurs et l’inconnue concernant à la fois les propos tenus par Nintendo au sujet du nombre insuffisant de consoles produites et ceux des revendeurs anglais qui précisaient qu’aucune Wii ne serait disponible pour les malheureux qui ne l’auraient pas réservée. Tant de personnes se sentiront-elles concernées par l’évènement de la Wii le vendredi 8 décembre sur La Rochelle ? Faut-il croire aux rumeurs de fausses pénuries organisées pour gonfler le nombre de précommandes et encourager les consommateurs effrayés à se jeter dessus dès le premier jour ? Devrions-nous accorder le moindre crédit au discours du vendeur de Toy’s R Us nous certifiant que nous n’aurons qu’à venir chercher notre console préférée dans la journée de sa sortie grâce à notre réservation magique ? Les expériences vécues jadis tranchèrent finalement toute réflexion à ces questions récurrentes : nous nous présenterons une bonne demi-heure avant l’ouverture pour être certains de mettre la main sur l’objet de toutes les convoitises.

Il était donc très difficile de prévoir quelle affluence allait susciter l’arrivée d’une console comme la Wii à La Rochelle. Ce matin-là, le temps n’encourageait pas réellement à apaiser les esprits. La tempête frappait de plein fouet les côtes. Brassée par les bourrasques de vent, les yeux encore meurtris par un réveil trop matinal, nous arrivons enfin sur le parking. Une poignée d’inconditionnels campent déjà devant les portes, bravant les intempéries. D’autres sont restés confortablement à l’abris dans leur véhicule en attendant l’heure H. Difficile de savoir réellement quelles sont les forces adversaires en présence en fin de compte. Le seul élément pertinent est l’arrivée régulière et supplémentaire d’autres concurrents à la course à la Wii à mesure que l’heure d’ouverture se rapproche. Concurrents, adversaires, ennemis, obstacles, ces notions prennent toute leur ampleur lorsque vous vous retrouvez dans la meute en attente. Les regards tendus se croisent et se dévisagent. Les secondes s’égrainent, la tension monte, le vent souffle... Sans vouloir non plus se monter les uns sur les autres, les espaces respectent l’intimité de chacun. Pourtant, à cinq minutes de la délivrance, l’ensemble des personnes présentes est sorti des voitures. Nous sommes désormais une bonne trentaine à tolérer de moins en moins les écarts de conduite. Comme ce type d’une cinquantaine d’années qui cherche du regard une connaissance dans les personnes qui le précèdent et qui d’un "Ah ben dis-donc ! Qu’est-ce que tu fais là ?" vous passe subtilement devant le nez pour gruger quelques places. Stratégie très vite démasquée par le simple fait que cette même personne se désintéresse littéralement de la réponse en cours de son interlocuteur pour piétiner tout le monde lorsqu’enfin les portes s’ouvrent et entrer le premier dans le magasin...

Il était clair qu’il faudrait non seulement ruser, mais également bénéficier d’un coup de pouce du destin. La masse pénètre à l’intérieur plutôt calmement, chacun choisissant d’ignorer les priorités grillées. Suffisamment regroupés, nous entendons quelques uns témoigner du fait que cette ouverture se déroule beaucoup plus sereinement qu’à l’autre bout de la zone commerciale, au Cultura, où les personnes en sont venues aux mains pour se frayer un chemin jusqu’à l’objet tant désiré. Sauron nous aurait-il berné en construisant une console différentes des autres pour les gouverner toutes ? Il sera bien assez tard pour le savoir. Pour le moment, les plus impatients passent en courant devant une petite guitoune où se trouve une hôtesse le nez plongé dans une quelconque brochure. Certains décident de court-circuiter la marche à suivre pour prendre d’assaut l’accueil et le retrait-achat en enjambant des barrières tout de suite à droite. Quant à nous, nous suivons la marche jusqu’à ce petit kiosque où la fille relève la tête pour effectuer un geste de la main et préciser : "Pour la Wii, c’est ici !". Signe incontestable que des forces bienfaitrices nous accompagnent, nous sommes alors juste à côté d’elle, trois ou quatre personnes devant nous. Le sourire se fait encore plus large lorsque vous vous mettez à penser à ces pauvres crétins qui se sont élancés comme des dératés dans le magasin, pris d’une colique incontrôlable imaginaire à la recherche de toilettes libres...

Ticket de réservation à la main, nous l’échangeons contre un autre, nominatif cette fois, pour aller payer en caisse et filer au retrait. Tous sans exception, une fois le sésame en main, se rendent dans le rayon multimédia pour cumuler accessoires et jeux à l’achat de base. Le temps pour nous de la jouer fine, pour l’honneur, et d’être les premiers en caisse. Tandis que la caissière enregistre l’achat, notre regard tombe sur l’énergumène qui a tenté d’engendrer un mouvement de panique en bousculant tout le monde à l’entrée. Figurez-vous que l’homme s’est uniquement empressé de la sorte pour devenir l’heureux propriétaire d’un produit Barbie quelconque. Rien à voir avec la Wii donc... Nouveau sourire en mettant finalement un nom à son attitude : "blaireau". Ca y est ! La console est payée ! Pas besoin d’attendre très longtemps un peu plus loin pour la récupérer. Nous sommes les tous premiers du magasin à la tenir entre nos mains. Un petit coup d’œil au-dessus de l’épaule pour déjà croiser quelques regards envieux du rayon Jeux Vidéo... Satisfaction de circonstance. Mission accomplie !

Bons princes, nous décidons d’effectuer un tour d’honneur après avoir déposé la console en lieu sûr. L’occasion alors pour nous de constater que ce magasin avait tout de même un nombre assez limité de consoles. Une trentaine à peu près... Car il semblerait que la première vague de personnes ait pu être satisfaite. Pour les suivants, par contre, les choses se compliquent déjà. Un jeune homme se voit dire qu’il n’y a déjà plus de consoles disponibles. Et en plus, il ne l’a pas réservée. Aïe ! Priorité sera donnée à ceux qui ont su prévoir. Mais il faudra attendre un éventuel arrivage lundi maintenant... Peut-être... Des dents vont grincer... Raison de plus pour se réjouir de faire partie des privilégiés. Noël aura incontestablement une saveur particulière cette année. Mais nos pensées iront aussi à ceux qui n’ont pas pu assouvir leur désir, les plus méritants n’ayant pas forcément été servis au détriment de personnes qui n’y connaissent rien. "C’est bien ce Zelda qui va avec la Wii ?", demande un couple de jeunes à un vendeur qui leur répond gentiment par l’affirmative en précisant que c’est écrit sur la boîte... Mais que fais-tu donc Père Noël ? La passion n’est-elle pas un argument assez crédible à tes yeux pour en faire bénéficier avant tout les joueurs émérites ? Il est certain qu’ils seront nombreux ceux qui en voudront à Nintendo de ne pas avoir su prévoir leur cause toute acquise...

Quand on rate la Wii

Je me suis levée à 8h. Dehors c’était la tempête, les poubelles se renversaient dans la rue, mais qu’importe ! J’étais prête à tout affronter pour l’amour de la Wii. J’arrive à Leclerc Hi fi à 8h50, confiante je me disais "cool je serai la première". Tu parles ! il y’avait déjà une dizaine de voitures à trois quarts d’heure de l’ouverture et pourtant nous sommes dans un trou paumé !!! Le temps passe, le parking se remplit dangereusement, les gens sont sur les starting blocks. Je décide de sortir de la voiture et de braver la pluie torrentielle en restant devant la porte pour être vraiment la première. Mon beau manteau rose tout neuf prend l’eau et je suis en train de choper la crève ? Osef ! la Wii vaut bien un petit sacrifice !

Les vendeurs passent devant la porte, incrédules : Nous sommes déjà une vingtaine à attendre l’ouverture dont moi ventousée à la vitre. Le magasin ouvre les portes, tout le monde court, pas de Wii dans les rayons, un vendeur est pris à parti : Où est la Wii ? il répond "On en a que 4. D’ailleurs elles sont toutes réservées." Là les gens font scandale, car effectivement quand j’étais passée au début de la semaine on m’avait dit "on ne prend pas de réservations : venez vendredi à l’ouverture !" Bref ils nous ont fait venir pour rien. J’apprends simultanément par une amie de galère qu’en ce moment à Carrefour à 50 bornes d’ici il reste quelques Wii...

J’ai appelé les Carrefour, les Leclerc, les petits magasins de Rennes à Caen en rentrant chez moi, remontée à Bloc. En a peine une demi heure plus personne n’avait la Wii, mais en plus ils me sortaient des énormités du genre "Madame, si vous en avez une rien qu’en Avril vous aurez de la chance" " On en a reçu deux et on en aura pas d’autres.", "Nintendo fait exprès de ne pas envoyer de consoles" "peu de personnes auront la Wii à Noël" et le meilleur : "Vous ne saviez pas ? Nintendo à arrêté la fabrication !"

Je regrette de ne pas avoir pré commandé. Maintenant je n’ai plus qu’a partir dans une quête désespérée de la petite boite blanche qui m’est passée sous le nez ce matin.

Je plains encore plus le petit garçon qui avait réservé la Wii et qui est venu avec ses grands parents la chercher : il ne l’a pas eu non plus. A sa place j’aurais eu encore plus la haine donc je me réconforte dans mon malheur : Ok j’aurais dû réserver... mais au moins je n’ai pas réservé...


Lancement Wii à Paris
envoyé par GamonGirls

     
 

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